Les recommandations 2019 de la Société française de sclérose en plaques (SFSEP) sur les vaccinations

cet article s’inscrit dans le cadre de la mutualisation avec le LORSEP, réseau lorrain pour la prise en charge de la sclérose en plaques.

SEP et VACCINATIONS

En 2019, la société francophone de la sclérose en plaques (SFSEP) a publié des recommandations sur les vaccinations chez les patients
atteints de SEP 1. Ces recommandations ont été établies à partir d’une revue exhaustive de la littérature et des recommandations nationales en vigueur (calendrier vaccinal 2 et recommandations spécifiques pour les personnes immunodéprimées 3). Elle répond à un grand nombre de questions sur SEP et vaccinations.

Nous en reprenons les points essentiels.

Les vaccins sont-ils risqués ?

Les vaccins de manière générale ne sont pas associés à un risque accru :

  • De survenue d’une SEP ou d’un premier épisode démyélinisant du système nerveux central, y compris les vaccins contre l’hépatite B et le papillomavirus humain
  • De survenue de poussée chez les patients atteints de SEP (ce risque ne peut néanmoins être exclu avec le vaccin contre la fièvre jaune avec un faible niveau de preuve, basé sur une seule étude prospective de 7 cas de patients rémittents vaccinés, multipliant leur risque de poussée dans les deux ans suivant le vaccin par 13 par rapport à la période avant vaccination. Cette activité clinique est confirmée par l’augmentation des lésions en imagerie et par la biologie 4).
  • D’augmentation du handicap chez les patients atteints de SEP, faible niveau de preuve (mais ce risque n’a été étudié que pour les vaccinations anti grippale et pour le BCG).

Aucun vaccin n’est donc contre-indiqué chez les patients atteints de SEP ou leur famille/enfants, en dehors de la
réserve sur le vaccin contre la fièvre jaune qui nécessite une information particulière du patient avant son éventuelle
réalisation.

Les vaccins sont-ils efficaces/risqués sous traitement immunoactif ?

Les vaccins inertes (anti diphtérie tétanos (coqueluche) polymyélite, anti grippal injectable…) :

  • Sont aussi efficace chez les patients atteints de SEP sans traitement immunoactif qu’en population générale (faible niveau de preuve).
  • Peuvent avoir une efficacité diminuée pour certains vaccins sous certains traitements immunoactifs.
  • Les vaccins inertes ne sont donc jamais contre-indiqués, ni du fait de la SEP ni du fait des traitements immunoactifs. Néanmoins ces traitements peuvent diminuer leur efficacité et il est recommandé de réaliser la vaccination avant de tels traitements.

L’efficacité des vaccins vivants atténués n’a pas été étudiée dans la SEP en général ni sous traitement immunoactif

  • Les vaccins vivants atténués (anti varicelle, anti rougeole oreillons rubéole…) sont systématiquement contre-indiqués sous traitement immunosuppresseur selon les recommandations du haut conseil de la santé publique (HCSP3) et doivent donc être réalisés avec un délai d’au moins 4 à 6 semaines avant le début de l’immunosuppresseur, ou différé jusque 3 à 6 mois après son arrêt. Les vaccins vivants atténués sont aussi contre-indiqués dans les trois mois suivant la réalisation de bolus de corticoïdes.

Quelles sont les recommandations vaccinales chez les patients atteints de SEP et leur entourage ?

La mise à jour du calendrier vaccinal de la population générale, au plus tôt dans la maladie, idéalement avant tout traitement de fond. Ce calendrier dépend de l’âge du patient et concerne surtout les vaccinations anti diphtérie tétanos (coqueluche) polyomyélite anticoqueluche : surtout si le patient est dans l’entourage d’un nourrisson ou d’un enfant à naître), anti hépatite B, anti HPV, anti varicelle, anti zona, anti méningocoque C et anti rougeole oreillons rubéole.

Chez les patients atteints de SEP, s’ajoutent :

  • La vaccination anti grippale annuelle lors de la campagne automnale (par le vaccin inerte) recommandée à partir d’EDSS 3.0 et/ou sous tous les traitements de fond existant.
  • En vue d’un traitement immunosuppresseur potentiel au cours de la maladie, et plus particulièrement si l’immunosuppresseur va être débuté sous peu : la vaccination anti varicelle (vivant atténué) chez les séronégatifs IgG anti VZV, et la vaccination contre
    le pneumocoque (inerte). La vaccination contre l’hépatite B (inerte) chez les triples séronégatifs (IgG anti HBc, IgG anti HBs, antigène HBs) se justifie, en vue d’un traitement possible par anti CD20 (ocrelizumab, rituximab)
  • Si le traitement immunosuppresseur doit être débuté très rapidement, les délais imposés par la réalisation des vaccins peuvent être trop longs, et la réalisation de certains vaccins peut être discutée.
  • Il faut conseiller à l’entourage des patients atteints de SEP de se mettre à jour de leur calendrier vaccinal, de bénéficier de la vaccination anti grippale annuelle et de la vaccination anti varicelle si séronégativité.

 

Références
1. Immunization and multiple sclerosis : Recommandations from the French Multiple Sclerosis Society, Revue neurologique 175 (2019) 341-357
2. Calendrier des vaccinations et recommandations vaccinales 2018, Ministère des Solidarités et de la Santé, https://solidaritessante.      gouv.fr/IMG/pdf/calendrier_vaccinations_2018.pdf
3. Vaccination des personnes immunodéprimées ou aspléniques – Recommandations, 2ème édition, Haut Conseil de la Santé Publique,
https://www.hcsp.fr/explore.cgi/avisrapportsdomaine?clefr=504
4. Yellow Fever Vaccination and Increased Relapse Rate in Travelers With Multiple Sclerosis, Farez et Correale, Arch Neurol. 2011;68(10):1267-1271.