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TRAITEMENTS DE LA POUSSEE Les corticoïdes à fortes doses permettent d’accélérer la récupération de la poussée. Ils sont prescrits en perfusion à la dose de 1g par jour pendant 3 jours (méthylprednisolone). Ils n’ont pas d’effet sur la prévention à terme de nouvelle poussée ni sur l’évolution de la maladie. Actuellement, ces perfusions peuvent être proposées chez certains patients à domicile, encadrées par des équipes expérimentées. TRAITEMENTS DE FOND Ils ont pour but de réduire la fréquence des poussées et de ralentir la progression du handicap. Ils agissent tous sur l’inflammation soit de façon immunomodulatrice (en modifiant l’équilibre de certains systèmes immunologiques) soit de façon immunosuppressive (en interférant avec le cycle cellulaire des cellules immuno-compétentes). Parmi les immunomodulateurs, les interféron bêta-1a (Avonex, Rebif) et interféron bêta-1b (Betaferon), permettent de réduire la fréquence des poussées d’environ 40% et de ralentir la progression du handicap par rapport à des malades sans traitement. Leur tolérance est globalement bonne sauf les premières semaines où il existe fréquemment un syndrome pseudo-grippal pour la moitié des malades après les injections. Ils sont tous administrés par voie injectable (en intramusculaire 1 par semaine ; en sous-cutanée : 3 fois par semaine ou tous les 2 jours suivant le traitement). La copaxone est également un immunomodulateur qui a montré une efficacité proche de celle des interférons. L’avantage principal de la copaxone est l’absence de syndrome grippal mais les injections sont quotidiennes en sous-cutanée. Parmi les immunosuppresseurs, la mitoxantrone est utilisée dans les formes sévères de la maladie échappant aux immunomodulateurs. La toxicité cardiaque du traitement oblige à une surveillance cardiologique précise et à une utilisation limitée dans le temps (6 mois). L’imurel, le méthotrexate, l’endoxan et le cellcept sont d’autres immunosuppresseurs parfois utilisés dans la SEP sans certitude formelle d’efficacité. Récemment, le Tysabri (immunosuppresseur sélectif) a obtenu l’autorisation de mise sur le marché. L’efficacité semble tout à fait importante sur les formes inflammatoires de la maladie (réduction des poussées de près de 70%) mais sa tolérance à moyen terme devra être évaluée de façon plus précise. Dans les formes secondairement progressives, les interférons sous-cutanés ou la mitoxantrone peuvent être utilisés s’il existe encore des poussées surajoutées. En revanche, à ce jour, aucun traitement de fond efficace n’a été mis en évidence dans les formes primitivement progressive de SEP même si certains immunosuppresseurs sont parfois proposés notamment chez des patients pour lesquels une aggravation rapide est observée. TRAITEMENTS SYMPTOMATIQUES Ils ont pour but de traiter les complications de la maladie, ce qui améliore la qualité de vie des malades. La spasticité peut être combattue par des antispastiques (Lioresal ou Dantrium) à prescrire d’abord à faible dose pour éviter d’aggraver l’état moteur du malade par un manque de tonus (hypotonie). Dans les spasticités sévères, les injections de toxine botulinique (si atteinte localisée), l’implantation de pompe intrarachidienne de lioresal par un neurochirurgien peuvent être indiquées. Enfin, la kinésithérapie permet de lutter contre les déformations. Les troubles urinaires doivent être surveillés et traités pour éviter une atteinte des reins. En plus de l’approche clinique, un bilan urodynamique et radiologique (échographie) sont souvent nécessaires. S’il existe une hyperactivité vésicale se traduisant par des urgences mictionnelles, les anticholinergiques (ditropan, driptane ou ceris) sont utilisés. En cas de difficulté pour uriner (dysurie), les alpha-bloquants peuvent être prescrits. En cas de résidu post-mictionnel, la pratique d’autosondages intermittents quotidiens doit être proposée aux malades. Les infections urinaires seront traitées pour éviter les pyélonéphrites (infection remontant jusqu’aux reins). Elles sont de plus des épines irritatives pouvant aggraver la spasticité. Les troubles sexuels en particulier de l’érection peuvent être améliorés par une prise en charge médicamenteuse (injection intracaverneuse de papavérine qui est le seul traitement remboursé ou par médicaments comme le viagra, le cialis ou le levitra) et par un suivi sexologique. Les douleurs peuvent être soulagées par des antalgiques classiques, des tricycliques ou certains antiépileptiques. La fatigue est difficile à combattre. Les médicaments antiasthéniques sont peu efficaces. Différents traitements (mantadix, modiodal, levocarnyl, 3-4 di-amino-pyridine…) ont été proposés avec des résultats mitigés (30 à 40% de réponse positive selon les études). Une prise en charge multidisciplinaire (kinésithérapeute, rééducateur fonctionnel, psychologue, ergothérapeute, assistante sociale, infirmière…) permet d’améliorer le quotidien des malades en limitant les complications de leur maladie. |